Entre toi et les instits, il y a des rapports cordiaux, ou tendus, ou rapides rapides. Voire même pas du tout quand tu bosses tôt le matin et que tu rentres tard le soir, auquel cas, la trogne de la maîtresse, dans ta tête, elle ressemble à un cahier de liaison.
Le cahier de liaison, souvent appelé cahier rose, vert, rouge, orange ou jaune (selon la couleur du protège cahier) c’est le lien entre la maîtresse et le parent.
Mais le parent, il lit les mots du cahier (ou ceux affichés sur la fenêtre, ou ceux donnés sur feuille volante) et puis, il retourne à sa vie, son travail sa liste de courses, ses envies du week-end.
La maîtresse, de son côté, estime que le parent doit connaître par coeur les mots, les dates, les prénoms des copains et si oui ou non y’a besoin de jus de fruits/rouleaux de pq/petits pots bébé vides/mouchoirs dans la classe.
Elle vit un peu dans sa bulle, la maîtresse, il faut le dire. Régulièrement, dans la salle des maîtres, devant la bouilloire d’eau, elle frémit d’effroi avec ses collègues:
» Nan, mais attends, la maman de Rodolphe, elle ne savait même pas qu’il y avait classe mercredi 22 mai, alors que crotte quoi, déjà, tout le monde sait que le mercredi 22 mai il est là pour remplacer le vendredi de l’ascension, vu que l’autre mercredi c’était pour remplacer le jeudi de la toussaint qu’ils avaient offert et qu’ils ont repris… et puis le pire, c’est quand même qu’on a mis un mot dans le cahier de liaison le mois dernier, quoi… »
» Oh punaise, tu ne connais pas la dernière? Attends, attends. Figure toi que la maman de Kévin, elle est venue me demander des renseignements sur le PPRE joint au dossier CLIS envoyé à la MDPH à l’issue de l’ESS. On en a parlé avec Céline, pendant l’exercice de PPMS. Bref. Elle dit qu’elle ne comprend rien aux mots de la phrase. C’est pourtant simple, non? J’te jure, ils ne font aucun effort pour comprendre, les parents. »
» Tout le monde s’en fiche ou quoi de ses gamins? Deux parents à ma réunion de 16h35, deux… c’est abusé, non? Ils travaillent, ils travaillent… ouais, bah moi aussi je travaille, et je suis dispo à 16h35, quoi. »
« Dingue. La mère de Bill, elle ne bosse pas, et elle a mis son gamin à la cantine. Abusé, non? »
Voilà voilà. Mais. Y’a aussi des moments où c’est le parent d’élève qui abuse grave. Genre?
» L’instit est absente? Une? Gastro et une extinction de voix? Et alors, je m’en tamponne le coquillard, moi. Qui c’est qui va garder mon mioche? »
« Madame l’instit. Je viens vous voir pour vous interdire de mettre mon enfant au coin. Vous pouvez y gueuler dessus si vous voulez, je sais qu’il est chiant et que c’est rien qu’un merdeux, même que moi à la maison, y’a que les torgnoles dans sa gueule qui marchent. Mais le coin, ça le traumatise. Si vous recommencez, je vous préviens, il vient plus. »
» Puisque vous me le demandez, je vais vous le dire: Ma fille est pas venue vendredi aprem parce que je faisais les soldes. Et lundi matin parce je m’étais pris une cuite et que j’étais fatiguée. Et mardi toute la journée parce qu’on se souvenait plus bien quel jour c’était. Par contre, je pense que ça serait bien que vous lui fassiez sauter une classe et que vous la colliez direct au CE1. Comme ça, elle pourrait rentrer toute seule le midi. »
» Vous pourriez faire attention et demander régulièrement à mon fils de 5 ans s’il a envie de faire pipi, parce que des fois, il joue à la récré, et il oublie et il se fait pipi dessus et après vous rendez les habits même pas nettoyés. c’est chiant. »
Voici des exemples tous véridiques. De touts petits exemples. Mais il y a pire. Il y a l’effervescence liée à la sortie de fin d’année. Que je te raconterai bientôt, on est en plein dedans, et crois moi, on se marre la tronche…. à suivre, cher parent d’élève!























