Chère Mamie. {Les lectures de Cycyn}

Chère Mamie d’ici ou d’ailleurs,

Il y a quelques années encore, on nous forçait à vous écrire des cartes postales depuis notre lieu de vacances. On vous aimait très fort, et choisir la carte la plus kitsch nous faisait bien plaisir, chère Mamie.

Même si on ne comprenait pas pourquoi non, pas celle-là. On ne savait pas que Papi risquait la crise cardiaque à la vue de cette jolie dame qui faisait du topless sur la plage. 

On avait envie de vous faire plaisir, chère Mamie.

Mais se poser à une table de mobile home avec un crayon et tenter d’écrire sans faire de fautes, c’était un peu plus relou. On le faisait à contre-coeur, souvent, parce qu’on nous avait promis une glace ou une sortie à la plage, après. 

D’ailleurs, vous nous aviez bien servi le laïus : « Tu ne te baignes pas juste après manger, hein, il faut digérer. » 

Plus tard, par habitude, on a continué à vous écrire des petites cartes. On oubliait juste de mentionner que la veille, on s’était pris une murge sur la place de l’église. 

« Chère Mamie, je passe des vacances reposantes ».

C’était bien, c’était neutre. 

Et puis les téléphones mobiles, les SMS, et l’oubli des petites cartes. On se montrerait les photos sur la télé en revenant, chère Mamie. 

En vieillissant, on a inculqué à nos enfants le plaisir des cartes postales, mais ils préfèrent appeler en Facetime. C’est sympa aussi, tu vois le décor, chère Mamie. 

Mais finalement, la petite carte postale à notre chère Mamie nous manque.

Virginie, elle, a fait un merveilleux mix des deux. Pendant un an, sur les réseaux sociaux, elle a régulièrement écrit sa petite carte virtuelle. Chère mamie, commençait-elle. En gloussant, elle rédigeait sa missive. 

Je l’ai vue faire, quelques fois. Concentrée, la langue presque tirée, elle gommait de temps en temps, et puis reprenait à toute vitesse. De temps en temps, elle s’écriait : « Mais voilà ! C’est ça que je vais écrire à Chère Mamie, aujourd’hui ! ». 

Les cartes postales de Virginie à sa chère Mamie sont un mélange d’amour et d’humour.

De poésie et de délire. D’amitié et de rires. 

Chère Mamie de Virginie, vous êtes devenue, avec ces cartes, une mamie universelle. La mienne, la sienne, la nôtre. 

Vous avez fait s’étouffer de rire ma mère. Maintenant, dès qu’on lui dit « pélican », elle a les larmes aux yeux et un sourire niais. Vous avez fait pousser des cris de surprise à mes enfants ( » C’est nous, là, sur le toboggan ! ») . Et même, vous avez fait grogner Orson de joie et de honte à la fois (si, je l’ai lu dans son regard.) 

chère mamie

Quant à moi, chère Mamie, je suis fière. 

D’avoir pour amie une écrivaine aussi talentueuse, mais surtout aussi généreuse. 

C’est d’elle qu’est née l’idée d’offrir tous les bénéfices de « Chère Mamie » à l’association Cékedubonheur, qui aide les services pédiatriques à améliorer les conditions de vie des enfants séjournant à l’hôpital. 

5 euros, c’est le prix du cadeau pour la bonne copine, le collègue, le petit truc en plus qui fait du bien sous le sapin. 

Je suis persuadée que le jour de Noël, de nombreux salons résonneront des rires de ceux qui écoutent la lecture de passages de « chère Mamie. » 

Ce sera le cas à la maison. 

chère mamie

Chère Mamie, de Virginie Grimaldi aux éditions Fayard et Le livre de Poche. 5 euros à retrouver en librairie ou sur amazon ici


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