J’ai quitté l’éducation nationale. 

Pas de vague. Ces messages remontent dans mon fil d’actus, me rappelant pourquoi j’ai quitté l’éducation nationale. Le #PasDeVagues en fait dans mon estomac. Aucun élève ne m’a menacé, je n’ai jamais arrêté d’aimer enseigner.  

Pourtant, j’ai quitté l’éducation nationale. 

J’aurais pu en avoir envie cette fois où une mère d’élève est entrée dans ma classe alors que l’école avait commencé. La grille aurait dû être fermée. Mais elle est arrivée pour régler ses comptes, pour que justice soit faite. La veille j’avais demandé à son fils une lettre d’excuse signée de ses parents. Il avait insulté une collègue. C’était la première fois qu’il « dérapait », on voulait juste une lettre, signée des parents.

La signature, je n’avais qu’à me la foutre au cul, a-t-elle hurlé devant mes 27 élèves de CE1/CE2, avant d’essayer de s’en prendre à moi, dans ma classe. J’ai réussi à la gérer. A assurer à son fils, honteux, que ce qui venait de se passer ne changerait en rien ma façon d’être avec lui en classe. J’ai voulu porté plainte. L’inspecteur m’en a dissuadé. On a fait une réunion avec les parents, tard, un soir. Je n’ai jamais vraiment eu d’excuse, mais ça s’est tassé. 

Ce n’est pas pour ça que j’ai quitté l’éducation nationale. 

L’envie aurait pu venir quand, alors que j’étais enceinte de mon fils, il m’a fallu ceinturer une élève dans les escaliers du couloir. J’ai bien cru que j’allais les dévaler. Pas de vague, c’est une pauvre môme, on ne peut rien faire. Il fallait la laisser s’enfuir, appeler les gendarmes, c’était la meilleure solution. 

Mais ce n’est pas la raison qui m’a poussé à revoir mes choix. 

Au fur et à mesure de ma courte carrière, j’ai découvert qu’il n’y avait pas que les élèves qui pouvaient être menaçants pour un enseignant. 

On m’a envoyé dans une CLIS, début novembre, en me disant de ne pas m’en vouloir si je ne réussissais pas à rester. J’étais la SIXIEME remplaçante de l’année. La dernière était partie avec les pompiers juste après une crise d’angoisse, au milieu de sa première matinée. Le premier jour, j’ai tenu. Ensuite on s’est apprivoisés. J’ai adoré ça. J’ai demandé à rester à l’issue de mes 3 mois de remplacement. Mais la machine avait décidé qu’un autre remplaçant viendrait à ma place, tandis que de mon côté j’irai à la sienne. Incohérent ? Absolument. Mais il n’y avait rien à faire. Surtout pas de vagues.

Ce n’est pas pour ça que j’ai quitté l’éducation nationale.

J’ai adoré faire des projets avec les élèves, adoré par ailleurs préparer ma classe le week-end et pendant les vacances. J’ai encore le souvenir ému d’Aline, élève de CE2 qui ne parlait pas à l’école. Je lui avais offert un dictaphone pour qu’elle me récite ses leçons depuis le cocon de sa maison, sans savoir si ça fonctionnerait. Ca l’a fait. Je me rappelle de David, qui m’a écrit un jour : « Merci de m’avoir fait aimer l’école. » Je garde des liens avec Kimberley, Chloé, Julie… devenues aujourd’hui des adultes et qui continuent à m’appeler « Maîtresse » au détour d’un commentaire sur Facebook. J’ai vécu des moments inoubliables avec Sandra, une ATSEM en or avec qui venir travailler s’apparentait à une musculation des zygomatiques.

Ce n’est pas à cause d’eux que j’ai quitté l’éducation nationale.

Mais à cause d’une directrice d’école, reine de son royaume, qui a fait partir, pendant plus de 10 ans, un à un, chaque enseignant. Les plus fragiles comme les plus aguerris. Harcèlement moral, coups bas, manipulation, suspicion de mauvais traitement moral sur les enfants de petite section de sa classe. J’ai monté contre elle un dossier de 6 pages. L’inspectrice espérait cela depuis 6 ans. Ma collègue et moi avions été les seules à oser monter ce dossier. Les ATSEM étaient terrorisées. La directrice était absente, sans aucun motif, le jour de son inspection. Absente le jour de la contre-inspection. C’était évident, l’éducation nationale allait pouvoir faire quelque chose. Pas de teasing. Rien. Pas de vagues.

Ils n’ont rien pu faire, et j’ai perdu encore un peu plus foi en l’éducation nationale.

De cette année scolaire, je me rappelle d’abord la boule au ventre dès le dimanche matin. A 34 ans, j’ai connu, pour la première fois de ma vie, la phobie scolaire. Psoriasis, eczéma, lumbago et aussi, entre autres, deux piqûres par jour pour rester debout. J’ai demandé à partir sur un autre remplacement. Etant donné que ça aurait fait trop de vagues, on m’a demandé de prendre un arrêt, à la place. 

Le jour où enfin, la clé de l’école a été mise dans la boite aux lettres, j’ai ressenti, physiquement, un soulagement. Comme un poids qui lâchait mon dos douloureux. C’est à ce moment là que j’ai vraiment compris que je n’étais pas passée loin de la dépression. 

J’ai postulé sur un poste sans classe. Secrétaire du comité exécutif en charge de la réussite du réseau d’éducation prioritaire. 

Je suis passée de l’autre côté du miroir.

De l’autre côté du couloir. Avec les inspecteurs de circonscription, les principaux. Avec une collègue qui voulait ma place, mais qui ne l’avait pas demandé. Et qui a profité de ma vulnérabilité pour être certaine que l’année suivante, je ne redemanderai pas le poste. Qu’elle pourrait l’obtenir.

Tout bien pesé, je lui ai laissé volontiers. En outre, sans faire de vagues. Pour ces raisons, j’ai quitté l’éducation nationale. 

Sans faire de vagues, avec une mise à dispo pour même, peut-être, un jour, y faire mon come back. C’est d’abord ce que je me disais, il y a 4 ans, quand j’ai quitté l’éducation nationale. 

C’est ce que je me dis encore quand j’accompagne les classes de mes enfants, que je retrouve les sourires des élèves, la bienveillance des enseignants. 

Mais clairement, quand je lis les #PasdeVagues, je me dis que je suis bien plus sereine à faire des choses que j’aime, sans collègue de cour de récré, sans inspection pour me dire comment faire ou penser. 

Je gagne beaucoup moins bien ma vie, je n’ai aucune stabilité de l’emploi, pas d’autres vacances scolaires que celles que je m’octroie. Mais j’ai le choix de faire des vagues, ou pas. Du reste, aujourd’hui, si je veux continuer à admirer le ciel de Dordogne, je ne peux plus être instit. La Picardie ne me laisserait pas sortir de l’académie, la nouvelle Aquitaine ne me laisserait pas y entrer. Je pourrais donc retrouver une classe, mais à 600 bornes de mon mari et de mes enfants. Jolie perspective, non ?!

j'ai quitté l'éducation nationale

En définitive, cet article un brin trop long, pas mal décousu, cela fait 5 ans qu’il attend. J’ai d’ailleurs cru que c’était du passé. Finalement le #PasDeVagues m’a prouvé que non, pas tout à fait. J’espère que sa publication m’aidera à exorciser les vieux démons. 

J’admire encore ceux qui sont restés. J’admire aussi ceux qui ont le courage de partir, avant de faire souffrir leurs élèves, avant de souffrir eux-même.

37 Commentaires

  • Nathalie 30 octobre 2018 à 11 h 22 min

    Merci. Simplement. J’en suis partie au bout de deux pauvres petites années. avec le sentiment d’abandonner les enfants à d’autres. Ceux-là qui me faisaient fuir.

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  • Djahann 30 octobre 2018 à 11 h 35 min

    Lorsque j’étais EVS il y a une dizaine d’années, j’ai eu de l’admiration pour les enseignants. Des gens passionnés, qui aimaient leur métier, qui s’investissaient sans compter, qui se sentaient investis d’une mission : instruire les élèves. Et quand je vois à quel point l’Ed Nat est bornée, archaique etc, je suis triste de ce constat. Toutes ces merveilleuses ressources gâchées. Et à ceux qui crachent sur les profs qui gagnent trop et ont trop de vacances, je leur dis « eh bien prenez donc leur place ! »

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  • Vernay 30 octobre 2018 à 11 h 52 min

    Je suis émue à la lecture ce poste… Je me reconnais tellement dans ton histoire avec ta directrice (moi c’était un directeur). J’ai souvent voulu partir…. Mais j’ai tenu….. Pourtant il a eu mes 2 filles dans sa classe….. La dernière venait en pleurant tous les matins… Mais comme tu dis pas de vague.. On laisse et puis un jour des parents ont eu le courage d’aller au bout d’une démarche… Depuis il est en arrêt maladie et n’aura quoiqu’il arrive pas la possibilité de revenir dans cette école…. Depuis 3 ans je me félicite chaque jour d’avoir tenu le coup et pourtant c’était pas facile… Il a même fait un courrier contre moi (peut être même 2) juste avant mon inspection qui a bien évidemment été catastrophique car l’inspecteur est arrivé avec des à priori sur moi et ma pratique….
    Bref.. Merci pour ce témoignage
    Bravo d’avoir eu le courage de quitter ce métier que j’aime mais qui me mange….
    Merci !

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  • Coelho 30 octobre 2018 à 11 h 52 min

    J’ai eu à faire à une directrice dans le style de la tienne. Pas en tant qu’instit’ mais en tant que parent.
    Elle avait mes jumeaux dans sa classe de ce1.
    Elle avait eu mon fils aîné qu’elle aimait beaucoup. Il faut dire que c’etait un enfant très sage et plutôt très mature pour son âge. Elle lui a fait apprendre la tirade du nez de Cyrano en entier à 7 ans ( facile tu me diras avec un enfant plutôt précoce).
    Là où cela c’est gâté c’est avec mon 3 eme ( le jumeau), étant dyslexique les choses sont plus compliquées. Je me suis entendue dire qu’il était ingérable limite idiot et que je ne savais pas l’elever! Mais là où j’ai été outrée c’est quand sa sœur m’a avouée qu’elle le sortait de la classe par le col avec sa table et sa chaise pour le laisser seul dans le couloir. Après ça mon aînée m’a avoué qu’elle le laissait dans la classe pendant la récrée pour qu’il apprenne des poésies qu’il devait réciter devant les autres professeurs lors de la cantine! Il m’a aussi dit qu’il l’avait vu frapper des enfants dans la cour.
    Nous avons retiré nos enfants de l’école. Simon ( le jumeau) a mis du temps à s’en remettre. J’ai écrit à l’inspection d’académie et au dioscese (puisque école privée). Tous le monde sait dans notre ville. Plusieurs autres parents ont fait comme moi! Je n’ai jamais eu aucune nouvelle! Rien nada! Elle est toujours dans l’école.
    Je ne te parle pas du turn over des enseignants! Mais pas de vagues!
    Et en attendant elle démolit des enfants mais pas de vagues!
    Heureusement dans leur nouvelle école ils ont trouvé des profs super, bienveillants, ouverts, ils sont heureux et l’aiment cette école!

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    • Barbival 3 novembre 2018 à 15 h 48 min

      La DDEC t’aurait dit qu’il est plus facile de déplacer un enseignant qu’une directrice… Et puis ce n’est pas grave, ce ne sont que des enfants…

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  • Brice 30 octobre 2018 à 11 h 57 min

    Un article à la fois touchant et désespérant en voyant toutes ces situations sans solutions… Bravo pour ton sang-froid et d’avoir voulu bouger les choses. Malheureusement j’ai l’impression que l’éducation nationale est une institution intouchable et qui glisse sous le tapis tous les aspects négatifs pour garder une belle image. Au -delà des enseignants volontaires comme toi et qui aime leur travail, c’est les enfants qui en font les frais… Bravo de t’être dévoilé. Je te souhaite une bonne continuation avec moins d’embûches.

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  • sandra 30 octobre 2018 à 12 h 01 min

    ouaouh ma cynthia tu m as fais pleuré…
    Merci à toi pour tout! ta joie de vivre et ta gentillesse… bisous à croire la famille
    ton ATSEM Sandra
    d’énormes bisouss de l Oise

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  • Ludivine Neau 30 octobre 2018 à 12 h 01 min

    Je suis admiratrice de votre récit.

    J’ai une grande reconnaissance envers ses hommes et femmes qui tentent tant bien que mal d’instruire nos enfants, je me bat chaque jours à leur côté pour faire changer les choses et les mentalités, mais il faut pas se leurrer, quand j’entends toute ses médisances envers l’équipe enseignante et ça devant les enfants, comment voulez vous quelle soit respectée par les enfants si même les parents ne le font pas.
    Et il y a tellement à dire sur la politique de l’éducation nationale que je pourrai en faire un livre .
    Merci Mamanbavarde d’avoir partager un peu de vous.

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  • Sandrine 30 octobre 2018 à 12 h 21 min

    Vous êtes une vraie enseignante dont l’éducation nationale et les parents devraient remercier. Quel gâchis…
    Je me suis moi expatriée en Asie où les professeurs reçoivent le respect qu’ils méritent , ni plus ni moins…
    Je vais partager votre message je le trouve juste , sincere et pas du tout décousu .
    Les élèves ne vous oublieront pas.

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  • Elodie 30 octobre 2018 à 12 h 32 min

    Très bel article, qui montrent bien plusieurs facettes du monde de l’education nationale.
    Moi même professeur des écoles, il m’est arrivé lors de ma 5ieme année dans le métier de vouloir renoncer. Je ne m’étais jamais sentie aussi seule. J’ai tenu bon car l’espoir fait vivre. Mais quand j’entend Et je vois certaines choses … j’ai peur pour l’avenir. J’espère toujours que l’organisation, le fonctionnement changeront un jour pour le bien de tous ! Mais je suis sûrement trop naïve & un peu trop rêveuse …
    Néanmoins cette nouvelle année m’a libérée d’un poids. Le bonheur est revenu …
    Profitez à fond de votre vie ! Vous seule ferez les bons choix pour vous même et votre famille.

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  • Suzanne 30 octobre 2018 à 12 h 39 min

    Tu as sans nul doute fait le bon choix mais ce n’est pas pour me rassurer, moi qui vient de mettre un pied dans l’éducation nationale…je me laisse le temps de voir si j’y suis à ma place mais je m’y sens déjà mieux que dans mon ancien boulot…L’avenir nous le dira…mais en tout cas merci pour cet article !

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  • Camill 30 octobre 2018 à 12 h 49 min

    Ohlala ton article ne me rassure pas…. Je me suis inscrite pour passer le CRPE en 3 ème concours cette année…. Bon déjà j’ai pas pris l’Académie d’Amiens, j’ai bien fait!! Mais j’ai pris Versailles…. Je vais peut être voir à le passer en privé….

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  • MaluSe 30 octobre 2018 à 13 h 11 min

    Cette année j’ai fait ma dixième rentrée dans cette grande machine qu’est l’éducation nationale. Ton poste m’a fait monter les larmes aux yeux. J’ai la tête dans le guidon, la chance d’avoir une super équipe de collègues, j’adore ce que je fais mais j’avoue qu’il m’est déjà arrivé d’aller à l’école la boule au ventre… La pression de la hiérarchie, les relations parfois houleuses avec les parents, les attaques de l’APE et parfois même de la mairie, à la longue ça use ! Sans parler du regard de la société sur ces fainéants de profs !
    Heureusement j’ai la chance d’adorer travailler avec mes deux atsems et d’aimer retrouver mes 26 Ps Ms, ça permet d’oublier un peu…
    Bravo d’avoir eu le courage de quitter tout ça avant que ça ne prenne trop de place. De mon côté j’ai encore l’espoir que tout ce négatif ne prenne pas le pas sur notre formidable métier.

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  • Lilibul 30 octobre 2018 à 13 h 23 min

    Un sacré courage. Je suis agent SNCF, depuis près de 12 ans. C’était un choix, c’était dans la famille, je l’aimais cette boîte. Et puis je pense de plus en plus à démissionner. Parce que je ne cautionne pas ce que la SNCF devient. Il faut privilégier les machines à l’humain. On demande à l’exécutif de faire des efforts quand les cadres se gavent et pas qu’un peu. Oui les infos disent que le salaire moyen est de plus de 3000 euros. Perso, après quasi 12 ans je gagne 1400 euros comme quasi tous mes collègues. Et oui, si nous gagnons si peu nous en bas, imaginez combien gagnent ceux en haut pour arriver à plus de 3000 euros de salaire moyen. Un vrai ras le bol, aucune reconnaissance, aucune évolution. En faire plus que celui qui est là depuis 30 ans et entendre dire qu’on en fait autant. Une de mes collègues a fait un burn out il y a peu. Et il y a 2 semaines c’est mon dos qui s’est bloqué. Tellement ras le bol. Alors oui je réfléchis à comment continuer et à comment partir. C’est que j’ai 4 enfants à nourrir mine de et que ça ne s’improvise pas. Les fins de mois sont déjà galères, j’ai peur que se soit pire. Alors oui, je trouve que c’est un sacré courage que tu as eu, de refuser ce que l’éducation nationale est devenue.

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  • Maman Pavlova 30 octobre 2018 à 17 h 07 min

    Quand je te lis je tremble… Par ce que moi j’ai fait le chemin inverse je viens d’arriver comme prof, pour le moment en remplacement et j’adore mes CE1, mais j’ai conscience, d’avoir une super école et une super classe et que ce paradis n’est pas éternel et ta lecture me fait peur …

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  • Vanessa 30 octobre 2018 à 19 h 16 min

    Merci pour ce témoignage. J’ai aussi quitté l’enseignement. Apres une periode pas sympathique de burn out. Pour un tas de raisons également. Sans faire de vagues.
    Je n’ai pas quitté l’éducation nationale, j’y ai trouvé un poste où j’ai de nouveau l’impression d’être utile. Mais j’y cottoie toujours les travers et l’immobilisme de l’institution.

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  • Momo1202 30 octobre 2018 à 20 h 02 min

    Bel article.
    Tu en avais déjà un peu parlé une fois…c’était là que j’avais compris que tu n’avais pas juste quitté l’ensignement pour écrire un blog, où des livres ou autre…mais que tu avais terminé ta vie d’enseignante dans la souffrance…
    Bref. Pas de vague oui. C’est bien triste.
    Tu as raison il faut du courage pour quitter l’éducation nationale… C’est bien plus simple de quitter le privé pour venir profiter d’une place bien au chaud avec plein de vacances ! (y en a de plus en plus…ils sont fous !! ).
    Bravo d’avoir réussi à quitter ce navire avant qu’il ne coule totalement… C’est inquiétant. Je t’envie.
    (je ne savais pas que tu avais fini par un poste sans classe…alors que les élèves t’adoraient…quel gâchis ! Ce qu’ils nous font pas faire !! )
    Merci pour cet article.

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  • Elinora 30 octobre 2018 à 21 h 21 min

    Moi aussi, j’ai quitté l’éducation nationale, dès le début, à l’issue de mon année de professeur des écoles stagiaire. La pire année de ma vie, sans aucun doute. J’avais osé tomber enceinte, on m’a bien fait comprendre que quand on aime son métier, on ne fait pas de bébé tout de suite. Je suis sortie de cette année, détruite, convaincue que je ne valais rien et que je n’arriverai jamais à rien dans la vie. Il m’a fallu 1 an pour m’en remettre…
    Depuis, je suis infirmière, et c’est loin d’être idéal mais les seuls moments où je regrette de ne pas être prof, c’est en juillet-août et pendant les vacances de noël .
    La seule séquelle qu il me reste, c’est que je suis incapable d’accompagner ma fille aux sorties scolaires, trop de mauvais souvenirs…
    Bravo à vous en tout cas! Vous avez sans aucun doute fait le bon choix et merci pour votre partage!

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  • Tanzane 30 octobre 2018 à 22 h 45 min

    Merci pour ton commentaire! Vraiment merci. Chez moi au fameux » pas de vague », on peut rajouter culpabilité de ne pas avoir réussi à cumuler vie de famille et vie professionnelle. Comme toi pas de menaces, l envie d enseigner est encore là….mais pourtant une dispo prise depuis 2 ans. Sur ma liste de reproches :
    indifférence de notre hiérarchie, les relations parents prof, le travail le soir le week end, la pression, le regard de la société sur les profs, ces programmes, ces papiers, ces réunions, les conditions matérielles, les effectifs de classe au de la de 30…avec ses propres enfants à gérer tout le temps . Bref je ne suis pas passée loin de la dépression. Affaire à suivre en ce qui me concerne, je suis tellement bien loin de tout ca. Mais si je suis honnête avec moi l enseignement me manque aussi…mon cote schizophrène 😉
    Et bravo à ta famille, tes amis pour leur réaction face à ce choix.

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  • Des pâtes au chocolat 31 octobre 2018 à 5 h 49 min

    Merci Cynthia pour ce billet ! À la naissance du Petit Dernier, je me suis autorisé un congé parental. La boule au ventre était là depuis quelques temps déjà. Pour tout un tas de raisons. Mon tout petit bébé aura bientôt 2 ans… mais je crois que je n’y retournerai pas. Pour moi, pour mes enfants, et pour mon homme.

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  • Céline 31 octobre 2018 à 7 h 34 min

    j’étais pionne en zep sensible violente à Marseille dans les quartiers Nord.
    3 ans sans vague. Un changement de principale, et l’enfer dans le collège.
    Agressée par un elève, (clavicule cassée quand même), on m’a demandé de ne pas porter plainte. L’élève n’a même pas été renvoyé. Une semaine après une prof s’est fait casser le nez. Rien . Je n’y suis jamais retournée. Pas de vague en 2005 c’était déjà d’actualité…

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  • CéciliAcidulée 31 octobre 2018 à 9 h 55 min

    Merci pour ton édifiant témoignage. Tu as tout mon soutien et sache que je comprends parfaitement ta décision.

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  • Palayer 1 novembre 2018 à 18 h 54 min

    J’étais professeur(e) contractuelle dans le secondaire par choix, pour ne pas quitter mon mari, mes enfants avec une mutation qui n’aurait rien pris en compte ou si peu. Mais lasse de côtoyer des collègues méprisants à mon égard, me faisant sentir que sans le sacro saint Capes bien qu’à dipôme égal, vous ne valez pas la peine que l’on vous intègre dans une équipe pédagogique, lasse de n’être que la remplaçante pour des élèves irrespectueux, lasse de ne pas être soutenue par des chefs d’établissement auxquels je rendais pourtant bien des services en assurant au pied levé des remplacements de collègues absents, enfin lasse d’être sous payée et maltraitée, j’ai démissionné de mon poste de contractuelle et préfère aujourd’hui enseigner autrement. Le problème de l’Education nationale est son immobilisme, une fonction publique inhumaine qui affecte de jeunes professeurs dans des banlieues difficiles, des chefs d’établissement qui ne veulent pas faire de vagues pour sauvegarder la réputation de leur établissement, des professeurs déprimés qui n’ont plus la force de faire face à des classes surchargées et difficiles, des programmes trop lourds en totale inadéquation avec le niveau des élèves qu’il faut sans cesse relever de manière artificielle par complaisance, des salaires insuffisants pour des bacs + 5,etc, etc….
    Tant que tout cela ne sera pas pris en compte par les différents ministres de l’éducation nationale qui se succèderont, il y aura crise du recrutement, pénurie de professeurs et de remplaçants, démissions, échec scolaire,….et un niveau d’enseignement qui continuera de baisser malgré toutes les bonnes volontés.
    Voilà toutes les raisons pour lesquelles j’ai cessé d’être remplaçante au rabais avec un bac + 4 un jour de septembre 2013, découragée.

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  • LuciledeGuinzan 2 novembre 2018 à 15 h 10 min

    Merci pour cet article et ton histoire passionnante ! Non, je te rassure, ce n’est pas du tout décousu, on te suit parfaitement ! Ce qui me désole, c’est de toujours lire comme ça des témoignages de super instits, les meilleurs qui partent quoi… Le problème est tellement vaste, tellement d’années passées à laisser tomber ce secteur.

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  • Eric Mauries 2 novembre 2018 à 21 h 52 min

    de mon cote je demissionne dans 4 semaines. Apres 20 ans de bons et loyaux services, je laisse couler le navire education nationale mais désormais sans moi. Sentiment de dégout profond.
    Mon avenir est désormais dans le monde des entrepreneurs. Courage à vous, courage aussi à ceux qui restent en dépit des vents contraires du moment.

    C

    Répondre
  • ricou 2 novembre 2018 à 21 h 52 min

    de mon cote je demissionne dans 4 semaines. Apres 20 ans de bons et loyaux services, je laisse couler le navire education nationale mais désormais sans moi. Sentiment de dégout profond.
    Mon avenir est désormais dans le monde des entrepreneurs. Courage à vous, courage aussi à ceux qui restent en dépit des vents contraires du moment.

    C

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  • Cec 2 novembre 2018 à 23 h 14 min

    Je voudrais dire merci.
    Un grand merci d’avoir mis en mot ce que tu as vécu. Un grand merci de faire comprendre aux autres.
    Et surtout un grand merci car cela m’aide.
    Voilà 5 ans que je suis dans l’éducation nationale. Et 4 ans que je prépare ma sortie. Aujourd’hui je suis dans l’ASH et ca me plait plutôt bien mais je sais que demain je ne serai pas enseignante. Je prépare au mieux ce demain dont je ne sais pas dans combien de temps il arrivera mais il viendra c’est une certitude.
    Bonne continuation

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  • Maud 3 novembre 2018 à 11 h 59 min

    Cet article n’est pas trop long… pas du tout ! Juste merci… Je me sens moins seule. Je vais partir aussi! Je n’en peux plus… mais j’aime ce métier. C’est l’institution… moi c’est le dimanche soir que l’estomac se retourne! Je refuse de passer à côté de ma vie..
    Je te (Je me permets de te tutoyer ) souhaite tout le bonheur et la sérénité que tu mérites! Quel force! Et quel courage ! Bonne route !

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  • Cathy 3 novembre 2018 à 13 h 30 min

    Merci de dire, d’écrire sur ce que bcp ressentent sans mettre de mots sur ces malaises… #pasdevague

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  • Lacassy 4 novembre 2018 à 9 h 49 min

    Très bel article, pas trop long justement et plus parlant que bien d’autres qui cherchent à justifier les attaques envieuses dont nous sommes si souvent victimes. Je suis prof dans le secondaire, on ne peut vraiment pas comparé avec le primaire. Il existe une vraie crise malsaine au sein du primaire. Vous êtes trop peu nombreux dans les écoles en cas de collègue cinglé, trop emmerdés par la hiérarchie, trop harcelés de réunions, trop tributaires des budgets ridicules que vous octroie les mairies pour bien votre travail trop mal payé. On est mieux dans le secondaire mais pour combien de temps? Votre article était très touchant. C’est l’institution qui y a perdu dans l’histoire. C’est bien honteux.

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  • Estelle 4 novembre 2018 à 10 h 59 min

    Perso je suis partie après 26 ans de carrière… je croyais en ma passion de l’enseignement, du partage, de la bienveillance !!! Je me suis battue tellement de fois contre des parents, des collègues, des directeurs, des inspecteurs et mêmes des mairies !! J’ai baissé les armes au bout de 26 ans !!! Aucun respect, aucune reconnaissance, aucun soutien… bref le mammouth est beaucoup plus lourd et archaïque que tous veulent bien le penser ! Aujourd’hui LIBRE et LIBEREE de cette prison dorée qu’est l’Education Nationale où le pas de vague fait stagner l’eau boueuse et nauséabonde ! Il y a une vie en dehors de cette prison…

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  • lilyla 4 novembre 2018 à 14 h 09 min

    ça fait du bien et en même temps … il faut que des personnes « comme vous » restent si on veut que « ça » bouge, que « ça » avance pour tous car au vue des réformes qui arrivent on se demande sur qui compter !?! quand seule l’instruction est obligatoire mais que celle à la maison devient plus contrôle que celle à l’école, y’a de quoi se poser des questions … arrêter de travailler pour ses enfants devient une question à part entière au quotidien :/

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  • Maman Lempicka 4 novembre 2018 à 16 h 05 min

    Superbe article qui remue tant de choses en moi…Je suis sur le départ. J’espère pouvoir prendre le prochain train. Bravo et merci pour ce témoignage de résilience.

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  • Benoit 5 novembre 2018 à 20 h 49 min

    Pourquoi tant de souffrance dans un métier aussi passionnant. Et si la grande muette n’était pas celle qu’on croit!
    Des personnes qui prennent un pouvoir qu’ils n’ont pas… et en abusent… ça me dégoute. Heureusement je suis au lycée avec un bon proviseur mais comme C est rare!

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  • Claire Quartararo 6 novembre 2018 à 12 h 45 min

    Bravo pour cet article ! Je pense enfin à partir ( après 24 ans de carrière) alors que je m’imaginais que j’étais coincée dans ce système jusqu’à la retraite !
    Vous avez exactement exprimé ce que nous sommes plein à penser !
    Merci…
    Claire

    Répondre
  • Claire 6 novembre 2018 à 19 h 27 min

    Je n’ai qu’un mot : MERCI
    J’ai adoré vous lire. Je suis instit depuis 18 ans dans le 93. J’ai eu l’impression que vous racontiez ma vie ! Toutes vos anecdotes, j’ai vécu les mêmes ou presque.. Y compris avec la directrice. Pour moi, c’était un directeur. Mais je n’ai pas eu le courage de démissionner. J’ai juste changé de ville. Je vous félicite, tant pour votre article, que pour votre démission. Vous m’impressionnez. Et le ciel de Dordogne est vraiment magnifique.

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  • Laura Dos Reis 6 novembre 2018 à 21 h 06 min

    Je lis votre message.. Et finis par pleurer. Car je suis encore coincée dans l’éducation nationale. Je suis maîtresse de CM1 CM2 en seine et marne et je voudrais retrouver mon souffle, ma sérénité. En demissionnant peut être, mais cela me fait peur quant à la suite. Je vous trouve courageuse aussi d’avoir dit stop !

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