Je voulais acheter des chips.

On était dans la voiture et le soleil brillait (enfin.) Comme l’été nous faisait l’ honneur de sa compagnie, j’avais décidé d’emmener les enfants dans la petite piscine de mes parents, après l’école. 

Sur la route, c’était fenêtre ouverte et excitation générale. La première baignade de l’année. Et puis, Niafette a dit : « Dis, y’a des chips pour le pique-nique de demain ?  » Non, il n’y en avait pas. J’avais zappé. Cet oubli de chips, c’était le petit nuage noir dans ma to do list pourtant bien checkée de la journée.

Comme pour appuyer la métaphore, au loin, un gros nuage noir a caché le soleil.

Le temps qu’on arrive à la piscine, quelques gouttelettes de pluie tombaient. La météo est une garce. On a donc décidé que mouillés pour mouillés, autant être dans l’eau. Plouf. Et puis, comme ça, on ne se baignerait pas trop longtemps et on pourrait acheter des chips.

Tiens, d’ailleurs, moi, j’allais y aller tout de suite, il y a un magasin à quelques dizaines de mètres. Je pouvais même y aller à pieds, ça me ferait bouger.

C’était juste à côté, mais sur le trajet, la pluie s’est vraiment invitée, sans se gêner, et je suis arrivée trempée. Mais j’allais rentrer avec des chips.  J’en ai profité pour faire quelques achats. La pluie tapait de plus en plus fort sur la tôle du magasin.

Le monsieur qui étalait un caddie plein sur le tapis a eu l’élégance de me laisser passer, je n’avais qu’un petit sac de courses. L’orage a grondé.

L’hôtesse de caisse a scanné tous mes articles, tout en lâchant des petits « j’aime pas l’orage, j’aime pas l’orage ». J’ai inséré ma carte bleue dans le lecteur. Un éclair a zébré le ciel. J’ai tapé mon code. Le courant s’est coupé. Je n’avais pas validé. 

Elle a dit « Oooooh. » 

La grêle est tombée.

Le monsieur un peu plus loin dans la file d’attente a demandé si on pouvait en profiter pour prendre l’apéro. On ne pouvait pas. 

Pendant 20 minutes, la pauvre caissière a tenté d’allumer toutes les caisses du magasin. Sans succès. Le monsieur derrière moi disait de faire reset, je faisais risette, mais rien. Le monsieur plus loin continuait de réclamer l’apéro, mais toujours rien. Une dame voulait quand même au moins peser ses bananes. Aussi impossible que de boire l’apéro. 
Au bout de 20 minutes, un ticket est sorti. C’était écrit « début de journée, 15 octobre 2015. « . J’ai cru que j’étais entrée dans la 4ème dimension. J’ai ri. Le monsieur derrière faisait risette, celui un peu plus loin a lâché, dépité, que du coup, c’était mort, pour l’apéro. 

J’ai dû sortir tous mes articles pour les faire scanner de nouveau. 

Bref, je voulais juste acheter des chips. Et j’ai acheté des chips.

Dehors, le soleil brillait. La météo, c’est un peu comme acheter des chips… un sketch de la vie. 

chips

(pour ceux qui me suivent sur Instagram, oui, j’ai donc décidé de piquer le tote bag prévu pour une des maîtresses. Il est très pratique pour acheter des chips dans la quatrième dimension.) 

1 Commentaire

  • Je ne suis pas une poule 24 juin 2016 à 18 h 41 min

    Comme dirais ma fille « les chips c’est la vie » elle a deux ans… Qui lui a soufflé cette réplique?

    Répondre

Pour dire des trucs:

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :