La coupe du monde de maths.

16h30. Je récupère mon fils à la sortie de l’école. Il me colle un bisou sur la joue et son cartable dans les mains.

« Wouah ! Mais il est hyper lourd, ce cartable ! T’as mis un âne mort dedans ? »

Il me regarde de biais, m’assurant qu’il n’y a aucun animal, vivant ou mort, dans son cartable. Cependant, ajoute-t-il alors que la voiture démarre, il y a bien un truc qui pèse, sûrement.

Je suis toute ouïe. J’espère juste que l’histoire ne va pas débuter par un « En fait », généralement synonyme d’un long, très long, trop long monologue que je dois évidemment écouter jusqu’au bout… j’ai souvent interrogation orale à la fin.

« Alors, en fait … (et meeeerde), on a fait un Grand Défi Maths à l’école. Et c’est moi qui ai gagné la coupe ! J’étais le tout premier ! Enfin, le tout premier, ex aequo avec A. »

MON DIEU. Mon cerveau carbure à la vitesse de la lumière, puissance 3 (ne me demandez pas le résultat). J’ai engendré un génie des maths, moi pour qui une simple soustraction peut provoquer des sueurs froides ( raison pour laquelle je dépense toujours sans compter. Ouais je sais, l’excuse est merdique.)

Ce même cerveau occulte la suite de l’histoire, à savoir que mon fils est arrivé premier des CE2 (ils sont 5 CE2 dans la classe.) On s’en fout. Il a la bosse des maths, et même, la coupe du monde de maths. Le cerveau d’Einstein dans sa si jolie frimousse. Je suis une mère chanceuse.

Evidemment, je lui déclare ma fierté, la voix entrecoupée de sanglots. La coupe du monde des maths. Mazette. Ça en jette. On pourrait peut-être la mettre sur la console à l’entrée.

Oh, un rond point. Je nous imagine déjà, mon fils le bras en l’air, coupe en bout de main sortie par la fenêtre, et moi faisant 12 tours en klaxonnant, hurlant « C’est lui le champion, c’est lui le champion. » Je m’abstiens cependant. Je ne voudrais pas qu’il prenne la grosse tête, déjà qu’il a la bosse des maths …

En arrivant à la maison, extatique, prête à appeler ma mère et ma grand-mère, à moins que je ne réussisse à garder la grande surprise jusqu’à demain, je lui demande de sortir la coupe.  » On va faire une photo, on pourra l’encadrer… On pourra même l’agrandir… »

La coupe sort du cartable qui pesait un âne mort alors qu’il n’y a aucun animal dedans.

Y’ a pas que la photo qui mériterait d’être agrandie. Je me suis peut-être légèrement emballée quand à la coupe du monde des maths.

la coupe du monde de maths

J’ai néanmoins toutes les raisons d’être fière de lui, non ? (Orson est impressionné, en tout cas.)

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