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Le plongeoir de 5 mètres.

1986. J’ai 6 ans et demi, et chaque semaine, nous allons à la piscine. Le maître nageur est beaucoup plus proche de la retraite que du concept de la pédagogie. C’est limite s’ils ne nous jettent pas dans l’eau pour voir si on remonte. « L’eau ne tue pas », qu’il dit. Il n’a jamais dû regarder les dents de la mer, c’est sûr.

En fin d’année, on a le droit d’aller dans la piscine extérieure, et même de monter au plongeoir de 5 mètres. Le droit, voire l’obligation. On n’est pas des mauviettes, quoi. Je monte, pas tout à fait rassurée. Mes jambes tremblent. Je flippe. Arrivée en haut, je me fais engueuler parce que ça me prend du temps, de sauter, dis donc dis donc. En larmes, je redescends par les escaliers, et décide de ne JAMAIS remonter.

Depuis, j’ai fait des trucs légèrement pires, comme sauter à l’élastique. Mais je ne suis jamais remontée sur un plongeoir.

2017. A la piscine d’Antibes où nous arrivons avec la Team arena, on nous propose d’aller nous entraîner tranquillement dans la fosse à plongeoirs. Je raconte le traumatisme de mes 6 ans, leur faisant bien comprendre que mes pieds ne frôleront pas les marches du plongeoir, même pas en rêve. Comme un fait exprès un peu chelou, on se rend compte que la rue de l’hôtel dans lequel on loge porte le nom de mon ancien maître nageur. Truc de foufou.

Aussitôt, ma coach décide que c’est parce qu’il faut combattre les fantômes du passé. Je l’aime, Marie, mais je trouve qu’elle a de drôles d’idées. Bizarrement, ce sont les mêmes que Charlotte Bonnet. Ces nageuses sont tarées.

Charlotte, c’est une jeune championne qui nage comme elle respire depuis l’âge de 6 mois. Elle, la peur des piscines, elle ne connaît pas. Elle est chouette, Chacha. Malgré ses whatmille médailles (je vous laisse regarder sa page Wikipédia, le palmarès est trop impressionnant pour que je le résume ici), elle nous regarde nager sans nous juger, elle nous donne des conseils avisés, et même, elle me dit que je nage bien le crawl (je le garde dans ma liste des plus beaux compliments, comme quand Karine Ferri a dit qu’elle adorait mon idée de dessert ou que Patrick Bruel m’a dit que j’étais belle.) (c’est pas vrai, pour Patrick Bruel, mais j’aime bien rappeler qu’une fois, j’ai mangé des sushis avec lui, et je trouvais l’occaz trop belle.)

Bref. Charlotte est jeune, elle est agréable et adorable, et quand elle m’annonce qu’on va aller plonger toutes les deux, je n’ai pas coeur à lui dire non.

Mais quand même, je flippe.

Je monte seule au niveau 5 mètres, et m’allonge pour regarder l’eau. Je vous assure que vu d’en haut, c’est beaucoup, beaucoup plus haut que vu de l’eau.

Charlotte me rejoint, me fait sursauter, puis me prend la main.  » Allez, on saute ensemble ». Mouais. Je m’imagine l’écraser en sautant et l’empêcher de participer aux JO de Tokyo. La team arena et les fans risquent de m’en vouloir.

« Toi d’abord », je dis. Elle saute. Elle remonte ??? Oui, elle remonte. Mais moi, avec mon poids, je vais peut-être rester dans le fond de la piscine, sans petit pull marine.

En bas, ils m’encouragent tous, téléphones en main. J’attends. Je souffle. Je respire. J’attends. Je souffle encore. Quinze minutes plus tard, je suis toujours là. Si je redescends par les escaliers, ce sont mes peurs de l’enfance qui auront gagné.

Je saute. Je vole. Je crie. C’est long, cette descente, non ? Long et rapide à la fois. Il va tenir, mon maillot de bain ? (en CM2, à la même piscine, mon maillot de bain Mickey s’est déchiré alors que je sautais dans l’eau. J’aimerais autant ne pas revivre tous mes traumatismes d’enfant en même temps.)

Et c’est fini. Je remonte, lançant mon majeur vers un maître nageur qui ne se souvient sûrement pas de moi. (mon maillot bodylift a tenu. Alleluïa.)

J’ai gagné. Fierté.

Merci la team arena et Charlotte ! (son instagram est si vous voulez la suivre !). Et merci au programme #MyBodyLiftChallenge qui me fait clairement dépasser mes limites !

Et merci Marine pour ce boomerang terrible !!!

 

 

 

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6 comments

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  1. Vlynette

    Fière de toi 🙂 🙂 🙂

  2. zombai

    coucou!!et bravo pour avoir franchi ce pas!!moi je ne pourrais pas(pas eu de traumatisme) juste une peur monstrueuse (dur de vieilliir lol)
    sinon pas mal oui le boomerang du saut 😉

  3. MarineLyon

    Bonjour ! Merci pour ce partage, ces instants de vie anodins mais tellement importants aussi. J’admire ton travail sur ton blog, je te suis sur IG et j’avoue que je suis fan ^^ Depuis peu j’ai créé mon blog sur ma vie de maman, femme, épouse et ce sont des personnes comme toi qui m’ont aidé à franchir le pas !
    Merci !

  4. Emilie

    BRAVO!!!! Tu es une championne! Car je peux te dire que même en ayant fait de la natation pendant 8 ans, eh bien ça fiche la trouille de sauter de là haut!

  5. Alexandra Ho

    Waouh, bravo, je suis fière de toi!
    Ton article me parle particulièrement parce que j’ai aussi un gros traumatisme lié à un maître nageur pas très pédagogue…
    Suite à ses nombreuses moqueries autant sur mes rondeurs que sur mes craintes dans la piscine. Il m’a terrorisé de l’eau! J’en été arrivé à un point ou prendre une douche me faisait peur! Au fil des années, j’ai apprivoisé petit à petit l’eau à nouveau. Mais, à bientôt 28 ans, je ne sais pas nager et j’en ai honte! Puis, mon obésité et ses complexes, m’a empêché de retourner dans une piscine depuis bien 15 ans 🙁
    Après une perte de 56 kg, mon corps n’est pas terrible mais j’essaie de l’apprivoiser pour trouver la force et le courage de retourner enfin dans un bassin et peut-être, enfin apprendre à nager pour pouvoir moi aussi lever mon majeur vers ce très mauvais maître nageur!
    Merci pour l’exemple et encore bravo <3

  6. Carla

    Bravo d’avoir sauté de si haut. Personnellement, je le faisais sans souci lorsque j’étais petite, mais, une fois à l’adolescence, j’ai eu peur. Du coup, depuis cette époque, je n’ai jamais osé remonter sur un plongeoir.

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