Il y a quelques mois, je vous parlais de ma fausse couche.

J’ai reçu d’innombrables messages de soutien, et beaucoup, beaucoup de messages qui me racontaient la tristesse d’une fausse couche, le sentiment de solitude absolue, le tabou aussi. Je me suis promis de vous en parler de nouveau, plus tard, quand la pluie serait passée. J’étais à ce moment là, loin d’imaginer le combat que j’allais mener.

Statistiquement, 15 % des femmes enceintes subissent une fausse couche dans les premières semaines de grossesse.

Zut, j’étais dedans.

On m’a proposé deux solutions, et il m’a semblé choisir la « moins pire » en optant pour la prise de cytotec depuis mon canapé, tranquillement installée avec une bouillotte, des anti-douleurs, et Netflix.

Pourtant, une dizaine de jours après, verdict : j’étais dans les 20% de statistiques pour qui le médicament n’avait pas fonctionné. Il allait falloir passer par la case chirurgicale.

Aspiration, curetage, des mots qui n’envoient pas du rêve.

Cela faisait déjà deux fois que je tombais du côté obscur des stats, j’ai fait le choix de ne pas subir une anesthésie générale et d’être présente pendant l’acte, bien réveillée.

Je ne vous cacherais pas que ce fût loin, très loin d’être une partie de plaisir.

Le gynécologue et les infirmières ont été extrêmement attentionnés, et ont fait comme s’ils n’entendaient pas (trop) le nombre de gros mots hurlés.

Parce que, faut bien rire un peu, je suis entrée dans les statistiques pour qui l’opération ne se passe pas bien du tout. Pour qui l’intervention dure 40 minutes au lieu des 10 prévues.

Avec un risque probable de synéchies. Et donc le risque de devoir subir une autre (légère) opération ensuite. (En plus, ils ont refusé d’aspirer un peu de cellulite en même temps. La chirurgie, c’est plus ce que c’était.)

Je n’ai jamais été douée en statistiques, mais ça devenait sacrément chiant, cette histoire de chiffres.

Jusque fin avril, c’était le grand flou, et un peu le stress.

Moi qui bougeais beaucoup, j’ai arrêté le sport pendant de longues semaines. J’ai douillé aussi pas mal. Physiquement, et mentalement.

A chaque fois, je me disais que quand même, bordel, c’était un peu double punition.

A chaque fois, je culpabilisais un peu plus de nous avoir embourbés dans cette situation. C’est vrai, finalement, avec deux merveilleux enfants, à presque 40 ans, c’était quoi cette lubie de vouloir à nouveau avoir le ventre rond ?

Ma culpabilité, je l’ai, comme souvent, dévorée. Ma tristesse, enfouie sous quelques plaquettes de chocolat. Tout en me faisant la réflexion que merde, je venais de publier un livre dont j’étais hyper fière sur la motivation, la perte de poids, et que vous alliez me trouver moyennement crédible.

Et puis, que merde bis, j’avais bien le droit de faire du gras. Oui, mais quand même … (il s’en passe des choses dans mon cerveau, non?)

A ce moment là, j’étais en pleine relecture de « 3 mois pour avoir confiance en moi« .  Vous le croirez ou non, mais cela m’a aidé. Pour remonter la pente que je ne m’étais pas vue dévaler depuis le début de cette fausse couche.

A retrouver la motivation, pour du vrai.

Pour me redonner envie de sortir de chez moi, de voir du monde, de rire aux éclats.

Ne vous méprenez pas, j’avais continué à sourire, à rire, à vivre de jolies choses, mais j’avais le sentiment d’hiberner… et voilà, désormais, l’hibernation a assez duré !

La semaine dernière, en allant au salon efluent à Paris, je me suis rendue compte que c’était la première fois que je sortais de nouveau vraiment de la maison… et je suis bien décidée à ne plus me laisser saper le moral, et à retrouver la motivation, la vraie !

Alors oui, j’ai pris du poids, j’aurais pu faire attention, mais comme je le disais en préface de mon guide sur la perte de poids:

 Il y a des moments dans la vie où mener plusieurs combats de front ne sert à rien qu’à les foirer tous.

Et ça, j’avais aussi besoin de vous le dire.  Parce que vous, qui riez avec moi, qui m’envoyez des messages, qui réagissez sur les réseaux sociaux, oui, vous, vous me faîtes aussi du bien. Que ce soit au sujet de cette fausse couche, ou à d’autres moments.

Merci .

Bon, cet article était très clair dans ma tête et le voilà maintenant tout biscornu, mais au moins il est écrit. Maintenant, je peux passer à autre chose, pour de bon.

Tiens, si je me mettais au karaoké ? (cette photo complètement déjantée, c’est pour vous dire que tout va bien, ça fait un peu  » I will survive » !) (en vrai c’était « Toutes les femmes de ta vie » !!!)

mamanbavarde

15 thoughts on “Les suites de la fausse couche, mon corps et moi.”

  1. Je pense qu’il faut sérieusement que le lise ton livre…. Je crois que je suis dans cette hibernation et je n’y arrive plus…. Merci de tes mots… Tu viens de me (re) dîner envie de vivre…

  2. Merci! … d’etre Normale!
    Peu importe les statistiques finalement

    Je te souhaite en tout cas plein de bonne santé choses. Que le ventre s’arrondisse Ou pas, ce qui compte c’est que le verre soit plutôt à moitié plein qu’a Moitié vide!

    Bon courage!

  3. C’est fou comme avec ces mots, tu me tires à la fois un sourire et des larmes. Merci pour cet humour envers et contre tout. Pour les larmes, évidemment, ça doit venir du souvenir douloureux de mes 4 fausses couches, avant d’avoir enfin mon aîné (qui a 6 ans maintenant). Heureusement, la nature n’est pas si mal faite, puisque mon petit deuxième est finalement arrivé par accident, moins d’un an et demi plus tard. Et tous les deux sont en excellente santé ! Donc, continue à garder le sourire et à te dire qu’une fausse couche est une sorte de sélection naturelle. En tout cas, c’est comme ça que je l’accepte. Et si un nouveau petit bébé se présente un jour, c’est que la nature l’aura jugé plus apte et mieux armé pour survivre dans notre monde tout pollué.

  4. Je te comprends tellement.
    Je suis passée par deux fausses couches à la suite. La première, on va dire, qu’elle s’est fait naturellement. Mais la deuxième, comme toi. Le traitement qui ne fonctionne pas, hospitalisation pour curetage et tout ce qui va avec. Et un moral dans les chaussettes car le suivi aux urgences suite aux pertes de sang, a été catastrophique ! Un médecin sans diplomatie.

    Un traumatisme affreux, je m’en voulais tellement : ne pas réussir à garder ses bébés..

    Mais le temps passe et la douleur s’attenue. On n’oublie pas mais on y pense moins.

    Merci pour ce témoignage, même si c’est douloureux… On est toute une communauté à se comprendre, et à s’aider…

    Courage pour la suite

  5. Je Ne pleure pas souvent .. je n’ai plus de larmes, elles ont trop coulées avant … mais voilà, ton post m’a mis les poil et les larmes coulent le long de les joues … moi j’ai surtout envie de te dire bravo … tu viens de passer des mois difficiles mais tu es restée forte et présente pour les gens que tu aimes .. tu es un exemple pour nous toutes … ma quarantaine à moi approche, l’envie d’un Troisième refait surface, je sais pourtant que c’est Impossible le … maïs purée que c’est Rude de tourner cette page, même si je sais la chance folle que j’ai déjà …
    Je te souvait d’etre Heureuse, tout simplement et peu importe de quelle façon … parce qu’il n’y a que ça qui compte au fond !!!
    Je t’embrassez fort Cynthia…

  6. Bon courage à toi … moi aussi j’ai été dans les statistiques, la fausse couche, le cytotec , le curetage et aussi une réaction allergique aux antibiotiques ça été dur et ça m’a semblé une éternité… mais je suis retombée enceinte persuadée que ça allait recommencer… et puis non malgré 9 mois de stress, de peur et tout et tout ma petite princesse est arrivée ! Elle a aujourd’hui 7 ans et dès que je l’ai eu dans mes bras je me suis dit que ça valait sacrément le coup … alors force, courage et espoir

  7. Merci pour ce témoignage très vrai. çà fait du bien d’en entendre parler. J’ai des amies qui sont passées par ces moments là et justement on se disait que les femmes n’en parlent pas assez alors que c’est très fréquent.
    Merci à toi et bonne continuation !

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