J’ai toujours voulu faire instit, du plus loin que je me souvienne. Le rêve de petite fille, juste après patineuse artistique (alors que je n’avais jamais chaussé de patins) et fée (mais il me manquait les ailes).

Pour moi, être maîtresse, ça ressemblait à la petite maison dans la prairie, quand Laura dépose une pomme sur le bureau et que la maîtresse la remercie d’une caresse sur la joue. ça ressemblait aux dictées que je forçais mes petits cousins à faire quand on jouait ensemble (le privilège de l’aînée.) 

Malgré les échecs, malgré les difficultés, je me suis engagée dans cette voie avec passion, acharnement, envie. J’avais foi en mon métier. J’avais foi en ce que j’enseignais. J’avais foi en moi, en ma pédagogie, en mon investissement.  Bien sûr, on m’a reproché de ne pas être assez « dans le moule », de ne pas être assez formatée, mais je m’en foutais. Chaque jour, je me levais avec le sourire, chaque soir, je quittais l’école bonne dernière, chaque week end, je préparais mes cours avec satisfaction. 

Lorsque j’ai débuté ma carrière, j’ai cependant annoncé à qui voulait bien l’entendre, que si un jour je me lassais, je lâcherai tout, pour ne pas avoir à faire subir à des enfants emplis de croyance envers l’adulte mes désamours, mon impatience ou le poids du fardeau. 

Et puis, j’ai fait classe avec ELLE. Elle, despote dans son royaume, seule et unique maître à bord d’un navire qu’elle s’accaparait. Elle, malveillante envers adultes et enfants. J’ai lutté, j’ai alerté… rien n’y a fait. J’ai perdu un peu de lueur. Je n’ai pas réussi à éprouver de manque lors de cette dernière rentrée… alors j’ai mis l’école entre parenthèses, pris un congé jusqu’aux 8 ans de mon fils, décidé de voir si je pouvais faire autre chose de ma vie, moi qui pensais ne savoir qu’enseigner. Un jour, peut-être, me suis-je promis, je reprendrai le chemin de l’école, mais seulement si c’est avec la lueur. Celle de la foi. 

l'école entre parenthèses

En attendant, je me suis rendue compte que oui, je pouvais faire autre chose. Fierté. Je me suis aperçue, même, que j’en tirais un incroyable plaisir. J’écris. Ici, ailleurs, mais j’écris. Je suis toujours dans la communication et la bienveillance, les seules flammes qui ne s’étaient pas éteintes à l’école. 

Depuis la rentrée, je suis rédactrice et community manager free lance. J’ai encore du mal à le dire, l’impression d’être un imposteur, sans formation ni diplôme, et pourtant, c’est ce que je fais de mes journées. (En tout cas, c’est ce qui est écrit sur mes cartes de visite.) Et j’aime ça. 

Si tu veux me lire, c’est chaque premier lundi sur Parole de Maman (ici). Et régulièrement sur le site Papa Maman Evian. J’y suis moi, avec mon ton, mon humour, ma plume (putain, ça fait prétentieux non?!) et j’y suis bien. Venez donc m’y voir,comme à l’école, je n’y laisse jamais la porte close, et j’y suis entière et à 100% 

(d’ailleurs, en ce moment, j’ai besoin de ton avis sur la répartition des tâches homme/femme, viens participer!) (en plus si tu t’ inscris à la e-box, tu peux gagner des polabox) (j’dis ça, j’dis rien, mais je compte sur toi.) (ouais je sais, je profite de mon introspection publique, pas bien) (en plus trop de parenthèses tuent la parenthèse) 

Et demain après-midi, juste après une première rencontre pour un projet un peu foufou, je ferai partie des invités à une table ronde, devant les copains et autres blogueurs du EfluentMums3. Promis, tu pourras continuer à me dire « tu » (toi aussi Maman).

Bref, la suite est pleine d’incertitudes, aux antipodes même de mon travail d’instit, mais je starkiffe. 

Et tout ça, c’est aussi grâce à toi, à vous… alors merci (coeur avec les doigts tout ça).

23 thoughts on “Mettre l’école entre parenthèses (et si je te racontais ma life?)”

  1. Ah mais je ne savais pas que ton vrai métier ou du moins celui d’avant était instit… rhooo la chance ils ont dû kiffer les gamins d’avoir une maîtresse comme toi ! ELLE c’est une directrice d’école ?

  2. Bravo pour votre blog, je ne le suis pas depuis longtemps mais assidûment car j’adore votre humour et le ton de vos articles. J’aimerai pouvoir en faire autant 😉

  3. Toi aussi Maman
    J’aurai rêvé voir la tronche de ta mère quand elle a lu ça ^_^. Moi j’ai explosé de rire …
    Tu réussi car tu te donnes les moyens, tu t’investis à fond et tu es formidable
    (Mais t’es gentille ce soir je dors du côté gauche hein :p)

    1. Je ne te répondrai même pas !!!!!!!
      Bon, si, ch’suis trooooop gentille 🙂
      Ben, tout simplement, j’ai éclaté de rire aussi (pas trop fort, les Niafs dorment 🙂 )
      Bonne journée les filles !!! (et soirée, ça va jacasser, c’est sûr 😀 )

  4. Bravo d’avoir le courage de faire autre chose mais ce sera bientôt le cas de beaucoup d’instits si le système continue dans ce sens. Ma flamme s’amenuise aussi, une autre vie me conviendrait sûrement mais pour l’instant je ne sais pas encore laquelle…vivement que je trouve…
    Dans notre école, pas de vilaine sorcière pour nous martyriser, plutôt un directeur et des collègues sympas qui sont devenus des super potes, mais un ras le bol général pour tout le monde. On pourrait faire la liste de ce qui ne va pas mais ce serait trop long…
    Bisous

  5. Moi je suis toujours maîtresse et je rêverais d’avoir le courage de faire comme toi, je commence par un temps partiel qui me laisse du temps pour mon blog, et on verra ensuite.
    En tout cas, bravo !
    Et peut-être se croisera t-on demain …

  6. Bah alors là, un grand BRAVO! Comme toi, je suis convaincue que ton metier (comme le mien et bien d’autres…) est un métier que l’on DOIT faire avec passion, avec cette lueur dont tu parles, ou…ne plus le faire du tout! Sécurité d’emploi ou pas, quand tu n’y crois plus,que tu es usée, tu risques de devenir toxique poir les autres, et pour toi même…alors chapeau bas, parce que vraiment, t’es « couillue » comme nana, et moi, ce genre d’attitude, je surkiffe à mort!

    Bonne continuation dans cette nouvelle voie, je file apporter ma contribution à ton appel sur le partage des tâches…y’en a un qui va en prendre pour son grade, moi j’suis thésarde sur le sujet;)

    Encore bravo, c’est chouette ta démarche, vraiment!

  7. Bon, à la lecture de ce post plusieurs questions me brûlent le clavier, je vais essayer d’etre synthétique (même si c’est pas mon fort… Ça y est je m’egare déjà!)
    1. Comment faisais tu pour avoir un tableau ligné sur la droite sur la photo? Et oui, je suis moi même instit. Et je me vois mal tracer ça a la craie tous les matins…
    2. As tu vraiment perdu la foi a cause d’une collègue despote? Ou y avait il d’autres raisons…
    3. Ton mari est il un riche héritier ou gagne tu un salaire équivalent avec le job que tu as créé? Parce que mine de rien les pépettes ça compte aussi dans un tel choix de vie!

    Piur finir je tiens quand même à te dire que ça me fend le cœur de voir que des enseignantes avec ton talent et ton humour et ton courage quittent le navire, c’est dommage pour tous ces enfants qui ne t’auront pas pour maîtresse! Mais si tel est ton chemin, alors fonce!!!! Et bonne chance 😉

  8. Je lis les autres commentaires et je dis : Oui, vous avez raison, des enfants n’auront pas la chance (du moins pendant 4 ans, après on verra) de t’avoir pour instit et c’est bien dommage car ceux qui t’ont eu comme maîtresse ne t’oublieront pas, je pense… tout comme toi, tu n’as jamais oublié M. D…
    Mais évidemment, ce qui compte le plus c’est que toi, tu sois heureuse et que tu t’éclates !!! Si ça nous fait marrer en plus, c’est parfait 🙂
    PS : merci pour la permission de te tutoyer 😉 Je m’entraînais déjà à dire Votre Majesté !!!!!!!!!

  9. Je Starlike ton parcours, tes choix, qui font de toi une personne intègre et en paix avec elle même, si j’avais pu choisir ma maîtresse tu aurais été la Prems sur la liste, j’en profite de te dire tout ça avant que tu passe au statut de « table ronde », de vouvoiement.. « toussa toussa ».. Si tu etais une chanson tu serais « Simple & Funky » (*Alliance Ethnik) !Voilà comment je te définirais!

  10. Je suis un peu mitiger sur ta décision de plaquer l’école, n’aurais tu étais plus utile pour les autres et non pas pour toi même, je ne sais ce que les enfants pensaient de toi et quelles étaient tes résultats !
    Mais bon si tu t’épanouie dans ton nouveau job tant mieux

  11. Et dire que je suis entrain de faire le chemin inverse, à quelque chose prêt, je m’apprête à peut-être relever mes manches pour le CRPE, je suis folle hein ?
    en tout cas, je te souhaite plein de bonheur dans ta nouvelle aventure !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :