Le témoignage de prématurité de Stéphanie.#6

Pour la 6ème semaine consécutive, mon blog accueille une maman qui a accouché trop tôt. Une maman qui n’était pas préparée à cela, comme aucune maman ne peut l’être. Une maman qui parle avec son coeur, avec ses tripes, et qui replonge dans ses souvenirs pour nous parler de cette épreuve.

Il s’agit aujourd’hui de Stéphanie, qui écrit aussi sur son blog Pour mieux attendre.

Mes filles sont nées un 22 juin, à l’heure de l’apéritif, à 33SA.

Beaucoup trop tôt et néanmoins beaucoup plus tard que nous ne l’avions redouté.

Mes filles sont des miracles. De leur conception jusqu’à leur naissance.

Mes filles sont des fées, des princesses, des êtres d’une force incroyable.

Le 22 juin 2011, après des mois couchée dans mon lit à compter les contractions, après 3 séjours à l’hôpital pour Menace d’Accouchement Prématuré, après des dizaines de piqûres pour empêcher les contractions de faire démarrer le vrai travail, j’ai perdu les eaux vers 2h30.

Mon état d’esprit était confus. Contrariée de n’avoir pas su mener cette grossesse jusqu’aux 37SA, terme pour les gémellaires, soulagée d’avoir dépassé le seuil de la grande prématurité (32SA), confiante dans ces bébés que je sentais fortes depuis le début de ma grossesse et terrifiée à l’idée d’accoucher.

 

Les 10 heures de travail se sont déroulées dans une ambiance cotonneuse. J’étais à la fois sereine et anxieuse, impatiente et prudente. Heureusement, je ne me suis pas ennuyée une seconde et j’ai peu souffert.

A 12h32, ma princesse Manon est arrivée. Elle a crié. Je l’ai eu environ 15 secondes sur la poitrine puis ils l’ont emmené prestement pour lui faire les soins nécessaires à un bébé prématuré.

4 minutes après, l’équipe médicale est allée récupérer ma deuxième fée, Lisa, encore au chaud de mon ventre à moitié vide.

Un autre petit cri pour elle, que je n’ai pas entendu tellement il était faible. Elle et moi n’avons pas pu nous toucher tout de suite, il nous a fallu attendre les présentations officielles depuis la couveuse.

Elles m’ont paru si minuscules, si fragiles, si étrangères aussi, à moi qui ne les connaissais finalement pas.

A 33SA, mes filles respiraient spontanément et n’ont eu besoin que d’une aide temporaire pour s’alimenter et de quelques jours en couveuse. Puis, elles ont appris à téter et à maintenir leur température.

Moins d’un mois après leur naissance, elles étaient de retour à la maison.

La prématurité fait peur à juste titre. Dans notre cas, elle a été discrète, mes filles n’ayant eu aucun problème sur le plan médical. Mais elle nous a privées de beaucoup de choses et je le regrette. Même si j’étais totalement préparée à l’idée d’accoucher avant terme, je n’avais pas anticipé ce qu’est réellement la prématurité. Ce lien difficile à construire avec des bébés derrière des vitres, ces allers-retours à l’hôpital, ces heures passées auprès de nourrissons fragiles dans le bruit des machines et le froid de l’air climatisé, cette rencontre repoussée le temps de l’hospitalisation.

 

Je me revois souffler sur leur petit visage, le soir avant de partir, comme pour leur laisser mon odeur dans le nez, comme pour leur dire que j’étais là même si elles ne semblaient pas me voir.

 

Aujourd’hui, elles ont 10 mois et vont parfaitement bien. Ni plus fragiles que d’autres, ni plus malades… Deux petites filles qui s’épanouissent joliment sous le regard amoureux de leurs parents.

 

Pourtant, je n’ai rien oublié de cette fin juin 2011. Sans être un mauvais souvenir, leur naissance n’est pas tout à fait un bon souvenir. Je suis encore en manque de ces semaines de grossesse fantômes que certainement je ne revivrais jamais. Et je sais que le 22 juin prochain, entre 12h32 et 12h36, je ne pourrais pas m’empêcher de penser : « et si tout avait été autrement ? ».

 

Merci Stéphanie, et je souhaite une vie pleine de douceurs à tes deux princesses si incroyables.

Vous pouvez continuer à m’envoyer vos témoignages par mail. Merci aussi par avance à tous pour vos commentaires, si importants pour celles qui laissent ici une partie de leur vie.

Et bien sûr, si vous voulez aller plus loin, vous pouvez aider la recherche, et faire un don (ma page de collecte est ici! )et même, il est encore temps de vous inscrire !)

4 Commentaires

  • Maman louzou 11 juin 2012 à 13 h 00 min

    La photo de tes 2 fées est magnifiques !!! C’est bien de les voir côte à côte toutes les deux !!! Elles font tellement moins seules.
    Tu es bien courageuse, déjà que la pma est bien lourde, vivre cela ensuite !!! Bien sûr elles le valent bien, mais quand même 😉
    Des bisous à toutes les 3

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  • pourmieuxattendre 11 juin 2012 à 14 h 03 min

    Merci pour cet espace de parole. Merci de m’avoir permis de revivre tout ça (même si ce n’est pas que du positif, il s’agit quand même de l’événement le plus marquant de toute ma vie !!).
    Tu as bien fait de me demander une photo des Poites parce qu’à les revoir comme ça, je les trouve trop choutes 😉
    Bisous

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  • Batmax 11 juin 2012 à 15 h 24 min

    Une jolie histoire et de supers beaux bébés, des battantes ces petites filles. 33 semaines après une grosse MAP c’est très bien et visiblement elles n’ont pas l’air d’en avoir souffert.

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  • Cat à Strophes 12 juin 2012 à 13 h 33 min

    C’est une jolie histoire tout de même, j’aime les mots que tu emploies pour parler de tes filles ^^. Merci pour to ntémoignage

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