Témoignage de prématurité de Christine #9

Cette semaine, la rubrique témoignages de prématurité accueille Christine, une des ambassadrices de la marche des bébés. C’est toujours avec émotion que je découvre ces récits, cette incrédulité face à l’arrivée imminente du bébé, cette peur, cette force incroyable aussi que déploient ces petits êtres…d’avance, merci à tous pour vos commentaires!

Celà fait bientôt 3 ans, et je m’en souviens comme si c’était hier… Des petites douleurs qui commencent dans la nuit, alors que j’étais enceinte de 6 mois et demi, de mon premier enfant… grossesse jusque là parfaite, suivi mensuel normal, rdv gyneco très rapides tellement tout semblait nickel et puis cette nuit… où je ne me suis pas inquiétée tout de suite… mais de nature prudente, j’appelle quand même ma gyneco le matin même pour l’informer…

Elle me dit que c’est sans doute une gastro ou une petite infection, mais qu’il vaut mieux aller faire un contrôle aux urgences… aussitôt dit, aussitôt fait… j’arrive aux urgences, l’interne m’examine… « Madame, votre col est ouvert à 1 cm »… « Ah bon, et, c’est grave? »… « Pas forcément, mais on va vous administrer des corticoïdes pour faire maturer les poumons du bébé, au cas où… »

… « Au cas où quoi???… » « Mais ne vous inquiétez pas, on va vous donner aussi des anti-contractants pour stopper les contractions, et avec un peu de repos, vous pourrez rentrer chez vous ce soir… »… Ah, bon, tout va bien alors, juste une petite alerte, sans doute que j’en ai un peu trop fait ces derniers jours, entre les transports en commun pour aller au boulot et les préparatifs de l’appartement…

Je suis donc mise sous perfusion et alitée, et des infirmières adorables s’affairent autour de moi, des sages-femmes également, en me disant de ne pas m’inquiéter, les médicaments vont faire de l’effet. OK, cool…

Seulement voilà, la journée avance, et les douleurs se font de plus en fortes… j’ai tellement mal au niveau des reins, que je demande au docteur s’il est sûr que ce ne sont pas des coliques néphrétiques (!!!)…

La soirée se passe, puis au milieu de la nuit j’ai tellement mal que j’appelle le médecin de garde… qui décide de m’administrer un anti-contractant beaucoup plus fort… bon, je me dis, cette fois, c’est le bon medoc, demain je vais rentrer à la maison et me reposer jusqu’à l’arrivée de bébé…

Au petit matin, les douleurs n’ont pas vraiment cessé, mais j’ai quelques moment de répit, dont je profite pour appeler la famille et rassurer tout le monde… mais déjà les sages-femmes et les infirmières ont le visage un peu plus inquiet, ce dont je ne m’étais pas vraiment aperçu sur le coup…

En début d’après-midi, les douleurs reprennent de manière très violente, et vers 15h00, la sage-femme m’examine et me dit qu’on va partir en salle de travail… et là je m’écroule en pleurs, en arguant encore une fois que les contractions vont s’arrêter, mais la sage-femme, devant mon incrédulité face à la situation, me dit la phrase choc :

« vous êtes en travail, Madame »

et je m’effondre sur le fauteuil qui m’emmène en salle de travail… mon conjoint est là, heureusement, tout aussi éberlué que moi mais tenant le choc mieux que moi, m’accompagnant dans les poussées en ne perdant jamais confiance…

Je vous passe l’état de peur, de panique totale dans lequel j’étais, tout en ayant au fond de moi la profonde conviction que tout irait bien… Notre petit garçon, dont nous n’avions pas décidé encore le prénom, arrive vite… il est magnifique, mais si petit !!!!

On me dit « vite, un bisou », et on l’emmène loin de moi, avec mon conjoint qui suit l’équipe pédiatrique… je reste seule avec la sage-femme pour la délivrance et ne cesse de penser à ce petit bout de chou si mignon que j’ai mis au monde…

Vas-y mon chéri, bats-toi maintenant, tout va bien se passer, tu es entre de bonnes mains, on va s’occuper de toi ! les 3 heures que je passe seule dans la salle de travail après l’accouchement (car petite hémorragie, donc je ne peux pas bouger) sont les plus longues de ma vie… heureusement, mon conjoint me rassure, toute l’équipe pédiatrique est mobilisée, le petit a été intubé et il reçoit des soins…

Vers 23h00, enfin, je peux me rendre en fauteuil roulant jusqu’au service de néonat… et là je le vois, si petit, si fragile, avec tous ces tubes, dans le nez, dans la bouche, toutes ces électrodes, dans la couveuse qui bippe de partout…

Dans les semaines qui ont suivi, nous avons fait tout pour transmettre un maximum d’ondes positives à notre petit, en lui parlant, en le touchant, le caressant, en lui chantant, du matin au soir, seules les nuits nous séparaient physiquement… et petit à petit on a pu faire du « peau à peau », je le mettais sur mon ventre, et je lui disais qu’on poursuivait la grossesse, mais à l’extérieur :-)… chaque progrès était une victoire, ce petit bout nous donnait une belle leçon de courage et de vie ! Après 2 mois de neonat, nous sommes enfin rentrés à la maison, et ce fut un nouveau début, le bonheur, la vie en famille avec notre petit bout, qui faisait des progrès fulgurants ! Aujourd’hui, il va très très bien, il est très joyeux et déborde d’énergie, du matin au soir ! C’est nous qui avons du mal à suivre :-)…

Son petit frère est né il y a 8 mois, à terme – quelle victoire !-, après une grossesse au repos sous cerclage, étroitement surveillée…

Nous avons eu beaucoup de chance, et pour soutenir la recherche médicale sur la prévention de la prématurité, nous avons décidé de soutenir la Fondation Premup, qui collecte des fonds pour les chercheurs et médecins, en nous engageant pour la Marche des Bébés.

Venez marcher avec nous au parc des Buttes Chaumont le 14 octobre prochain ! Vous pouvez également créer une équipe, une page de collecte, ou simplement faire un petit don !

Un grand merci à toutes et à tous, pour que tous les bébés naissent à terme et en bonne santé !

6 Commentaires

  • Maman louzoù 2 juillet 2012 à 7 h 56 min

    Je ne peux qu’espérer ne jamais connaître cela et en même temps en lisant vos textes c’est aussi se préparer un tout petit peu ;). Je n’ose imaginer cette peur et cette panique au moment « du travail » et les heures qui suivent sans son bout de chou !!! Bien contente de savoir qu’il va bien et qu’un petit frère est là aussi 🙂

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    • HAREL 3 juillet 2012 à 11 h 15 min

      Merci 🙂

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  • Maman est au Musée 2 juillet 2012 à 7 h 56 min

    Un autre petit bout de chou un peu trop pressé ♥ et des parents qui se sont accrochés ! Un joli récit 🙂

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  • Mme Déjantée 2 juillet 2012 à 9 h 10 min

    Bravo Maman Bavarde pour cette chouette rubrique que je lis régulièrement (même si je ne prends pas beaucoup le temps de laisse trace de mon passage!!)… bravo à tous ces parents et tous ces bébés pour leur courage!!! (Au passage j’ai posté un lien sur le mur des VI, un rapport très complet de l’OMS sur la prématurité dans le monde, je me suis dit que tu aurais peut être envie de nous le commenter… :P)

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  • Sophie-Mum 3 juillet 2012 à 9 h 39 min

    joli témoignage merci

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  • marie-christine 3 juillet 2012 à 22 h 30 min

    que de souvenirs ton récit m’a rappelé : mon seul enfant, né prématuré, un mois en service néonat, devenu tout bleu dans mes bras… puis la sortie, et la peur que ça recommence, veiller à la prise de poids régulière, tout ça, tout ça…
    et aujourd’hui, un ptit gars de 16 ans, tout costaud, qui ne tombe jamais malade !!
    mais quels souvenirs que la néo-nat, et quelles équipes super il y a, se battant à nos côtés pour nos enfants, ne ménageant pas leur peine, veillant sans relâche
    la prématurité, comme j’aimerai que ça n’existe plus (mais en même temps, je me demande s’il n’y a pas de gêne pour la prématurité : le père de mon fils, et le père du père de mon fils ont été de grands prémas, curieux non ?)
    belle et douce nuit !
    mille bises
    sourire

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