Le béton est une muse comme les autres.

Je suis généralement une sacrée chochotte. Une ampoule sur la voûte plantaire me plonge dans une agonie dont je ne peux sortir qu’après une longue convalescence dans le canapé avec un paquet de schokobons pour ordonnance.

Mais je suis aussi du genre à vouloir me la raconter meuf en béton, et à aller au bout de mes idées. Alors quand le n’Am m’a demandé si je me sentais capable de jouer au commis pour faire les fondations de la cabane de jardin, j’ai redressé les muscles (enfin, j’ai imaginé que je le faisais), et j’ai annoncé qu’on était au même niveau, lui et moi. Pas de commis, pas de chef. Fallait pas que je flanche.

béton-commis

J’ai creusé comme si je cherchais un trésor, en m’inventant des histoires d’anciens propriétaires  qui auraient caché leur fortune pile poil là où ma bêche retournait la terre. Malgré une ampoule à la main, j’ai continué vaillamment, fièrement, jusqu’à en briser la pelle. (de deux choses l’une, soit je ne sentais effectivement plus mes forces, soit la pelle était vieille.)

pelle-béton

Le lendemain, je me suis installée à la bétonnière. Une pelle de ciment, deux pelles de sable, trois pelles de caillasse. C’était long et je tenais à rester concentrée, mais j’aurais lâché l’affaire si mon esprit n’avait pas fait autre chose, alors je l’ai laissé divaguer. D’abord, j’ai cherché les expressions contenant le mot ” béton”. Je me suis donc fendue la poire au souvenir d’une pub que je me dois de partager:

 

(j’assume)

Et puis, est-ce que le n’Am avait dit un truc agaçant, est-ce qu’il avait joué le chef parlant à son commis? Je ne sais plus, toujours est-il que lorsqu’il est revenu avec la brouette vide, je lui ai dit que je savais de quoi allait parler la nouvelle que je voulais écrire pour le concours au féminin. L’idée lui a plu, le mari était vieux et chiant, ça ne lui ressemblait pas assez pour qu’il puisse se sentir visé.

béton-muse

On a fini de couler la chape, j’ai commencé à écrire ma nouvelle.

Je savais que la chape, c’était du béton, je ne savais pas si la nouvelle allait plaire. Mais je suis dans le top 10. 

La fin des votes, c’est ce soir. Je ne laisse pas béton. Vous avez voté? 

Elle est là –> Laisse béton. 

Si vous voulez lire d’autres nouvelles que j’ai vraiment aimé, je vous conseille Je suis une fille comme les autres, Et ses yeux… , Joséphine, Le bourgeon et L’inconnu manqué.

PS: La première rangée de parpaings a été posée. Personne ne gît sous les fondations. 

7 Commentaires

  • sylvaine 10 septembre 2014 à 4 h 53 min

    bientôt on pourra t’embaucher comme manoeuvre.
    j’adore ta nouvelle, écris nous en une autre, c’était si drôle et si réel!!!!!!

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  • Ninistyle 10 septembre 2014 à 6 h 20 min

    Vraiment trop forte en plus je n’en doutais pas 😉 à la prochaine nouvelle <3

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  • lily 10 septembre 2014 à 8 h 16 min

    bravo ^^
    tu sais moi je refais toute la maison seule, j’apprends via youtube ptdr mais pas le choix l’homme n’aime pas bricoler grrr

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  • maman@home 10 septembre 2014 à 8 h 22 min

    Et je l’ai trouvée extra cette nouvelle, bravo !

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  • Xavier 10 septembre 2014 à 8 h 27 min

    Dommage, j’ai pas de travaux à faire … sinon je t’aurais appelée ! Bel instant de vie, très vivant 🙂

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  • sixinthecity 10 septembre 2014 à 9 h 02 min

    Belle histoire derrière (sous !) l’histoire !!
    N’empêche que les ampoules aux mains… ça fait vachement mal !
    Merci pour la mention ! 😉

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  • delphine 10 septembre 2014 à 10 h 01 min

    C est une très belle histoire, très touchante! Il n y a pas d’âge pour se rebeller de sa condition de femme!

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