L’hypocondrie.

Niafette souffre de maux divers et variés qui habitent son quotidien comme autant de rituels rassurants. 

Compter les piqûres de moustiques 30 fois par jour, pousser un soupir tonitruant, entre lamentation et excitation lorsqu’il y en a un de plus, ou un plus gros, se plaindre de cet affreux bobo invisible qui l’empêche de bouger jusqu’à ce qu’elle oublie d’y penser sont des actes qui la mettent en joie. Une sorte d’hypocondrie enfantine qui nous fait sourire ou nous agace selon les jours. 

L’autre soir, installée sur le lit où elle analysait chaque centimètre carré de sa peau à la recherche de quelque chose dont elle pourrait parler pendant les prochaines heures, elle remarqua enfin un bout d’épiderme un peu plus rouge que la normale. (à force d’appuyer dessus et de frotter, c’était inévitable.) Immédiatement, elle en souffrit au plus haut point. 

D’humeur taquine, j’entrai dans son jeu en poussant un petit cri compatissant. Pleine d’empathie, je soulignai que oui, ma foi, je connaissais les symptômes. Je reconnaissais tous les signes d’une belle hypocondrie. 

Niafette s’immobilisa, grimaça, puis sourit furtivement. Voilà. Elle avait QUELQUE CHOSE. Je dûs répéter 3 fois le mal qui la rongeait. Une HYPOCONDRIE, chérie, tout à fait. Hein, si je connaissais? Ma foi oui, ma copine Céline y étant régulièrement sujette. Non, rien de grave, mais il ne faut jamais prendre ce genre de mal à la légère. Aussi, je pris mon temps pour lui passer de cet onguent qui aide à passer la douleur. Un médicament qu’heureusement, en mère organisée, j’avais apporté avec moi. Du dexeril. 

Niafette s’endormit, heureuse, pressant Doudou contre son hypocondrie. 

Le lendemain, j’avais déjà oublié cette affaire quand nous allâmes au souk pour trouver une tenue de danseuse orientale que Niafette convoitait. Au moment d’essayer la petite jupe remplie de pièces, Niafette lâcha un petit cri. 

“Aïe! Elle est trop serrée, elle me fait mal à l’hypocondrie.” 

Crise de fou rire au milieu du souk. 

Quelques minutes plus tard, installés en terrasse, N’am annonça qu’il fallait peut-être songer à lui expliquer, pour l’hypocondrie. 

Niafette retint son souffle. Que ne savait-elle pas encore au sujet de sa nouvelle maladie? 

Elle a accepté la blague avec le sourire, finalement. Juste après s’être offusquée. Elle avait quand même raconté à toutes ses copines qu’elle souffrait d’une hypocondrie foudroyante, là, en haut de la cuisse. 

Le seul souci, c’est que maintenant, le Niaf appelle les boutons de moustiques des hypocondries. 

J’attends donc avec impatience la rentrée, quand je serai appelée par la maîtresse parce que le niaf se plaint d’une hypocondrie…

5 Commentaires

  • bbb's mum 14 août 2014 à 8 h 24 min

    excellent ! vive les parents taquins ! et des bisous guérisseurs sur l’hypochondrie !

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  • Olive Banane 14 août 2014 à 10 h 57 min

    huhu, mère indigne :^p

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  • Vlynette 14 août 2014 à 13 h 38 min

    Pour le Niaf c’est clair, il m’a encore dit qu’il avait très mal à sa “nipocadrie” du genou et à sa “pocodrie” du coude !!! Préviens sa maîtresse, dès le 1er jour 😉

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  • Carine 14 août 2014 à 14 h 13 min

    Quand j’étais petite, alors que j’avais régulièrement mal au ventre, par “saccades”, ma mère m’expliqua que le fait d’avoir mal, ne plus avoir mal, avoir mal … s’appelait des coliques.
    Un jour, je me suis donc plaint de coliques A LA TÊTE 😉

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  • Milune 19 août 2014 à 17 h 43 min

    Lol ! Mais c’est quand même handicapant l’hypocondrie. Moi je l’étais étant enfant. Heureusement ça m’a passé. Mais il y a avait des nuits où je ne dormais pas du tout de peur de ne pas me réveiller le matin. C’était terriblement angoissant. A ne pas prendre à la légère !

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